Dimanche 30 décembre 2007
CHRONIQUE NON PUBLIÉE - 2ème Trimestre 2007
Danielle de March-Ronco nous raconte son père et, à travers lui, nous parle des luttes qu'il a menées, de cet amour de la liberté et de la justice qu'il lui a communiquée et qui a conditionnée
toute sa vie de militante. Elle emprunte le chemin du souvenir, celui de ce pays dont Jacques Brel disaient que nous venions tous… l'enfance. Cette histoire familiale qui prend ses racines
en Italie, alors livré au fascisme, porte dès sa genèse la marque du courage et de la résistance, même si c'est en France, occupé par les nazis que les parents de l’auteur vont faire preuve d'un
courages extraordinaire, sacrifiant leur vingt ans afin que les générations futures puissent vivre les leurs pleinement. Si Danielle de March-Ronco nous parle de sa famille, elle n'oublie jamais,
à travers elle, de rendre hommage à tous ces héros de l'ombre qui ont lutté parfois jusqu'au sacrifice de leur vie. Au-delà de cette histoire touchante, ce livre délivre un message romantique et
nostalgique comme un voyage inespéré au cœur des petits détails qui viennent se greffer aux grandes étapes d'une vie pour en libérez toutes les saveurs , quelles soient douces où amères… Un chat
amoureux d'un vélo, un poupon géant, le manège amusant d'un rouge-george qui picore, une armoire rouge vif, les petits repas qui se transforment en fête par la magie sans cesse renouvelée de
l'amour paternel, le goût inégalable des pêches de vigne… autant d'images poétiques, simples et merveilleuse, au grand inventaire d'une vie que l'auteur nous révèle avec pudeur et talent.
Danielle de March-Ronco a assumé longtemps de nombreuses responsabilités au sein du parti communiste, ce livre est à son image, généreux, porteur d'un message profondément humaniste, car elle
sait bien que le seul chemin possible pour nous tous est celui du partage et de l'amour. Merci Madame. 130 pages - Transbordeurs - 15 euros - JCDR
par Jean-Claude Di Ruocco
publié dans :
Chroniques littéraires
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Dimanche 30 décembre 2007
ART SUD N° 57 - 2ème trimestre 2007
Au XIXe siècle au Brésil, “L'esclave marron” Amaro rejoint l'armée où il deviendra, pour ses compagnons, Bom-Crioulo (Bon noir). Il est embarqué sur un vieux transporteur de la marine. La
discipline militaire lui semble du pain béni d'autant plus qu'il mange à sa faim et fait l'apprentissage de la liberté au contact des marins qui le considèrent comme l'un des leurs. Ainsi,
d'affectation en affectation, il saura se faire apprécier jusqu'au jour où il tombera sous le charme d'Aleixo, un jeune mousse qui va s'emparer de son imagination jusqu'à le hanter. Lui qui a
connu l'esclavage dans les plantations de café, va en découvrir un autre, celui du désir. Au-delà de la possession animale entre deux être de même sexe, c'est une véritable passion amoureuse qui
dès lors va le retenir prisonnier, et pour un homme en quête éperdue de liberté, la libération ne pourra être que dramatique. Ce livre écrit en 1895 est d'une beauté rafraîchissante. Le sujet
abordé ici est audacieux et précurseur, à l'image d’Adolpho Caminha dont les différents livres firent scandales en leur temps. Cet écrivain, qui a grandi à Fortalerza, a participé à un mouvement
avant-gardiste “Padaria espiritual” (Boulangerie spirituelle) qui s’inspire du positivisme et du naturalisme. Ce livre déborde de descriptions d’un réalisme saisissant, de personnages dont la
psychologie et les motivations sont disséquées avec minutie sans que cela n’affaiblisse en aucune façon la qualité remarquable du récit. Avec ce héros homosexuel, au-delà de la transgression des
tabous, l’auteur nous parle de l’inépuisable sujet, celui de l’amour, qui reste, quelque que soit la sexualité de celui qui l’éprouve, l’énigme éternelle devant laquelle chacun de nous a, un jour
où l’autre, perdu un peu de ses illusions.
Traduit du brésilien par Maryvonne Lapouge Pettorelli - 160 pages - Métailié - 7 euros - JCDR
par Jean-Claude Di Ruocco
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Dimanche 30 décembre 2007
ART SUD N° 57 - 2ème trimestre 2007
Bien sur, lorsqu’il s’agit d’un livre de Joachim Maria Machado de Assis, certainement le plus grand écrivain brésilien du XIXe siècle, un sentiment de respect et de gourmandise se saisit de
chaque lecteur, surtout pour qui a lu “l’Aliéniste”. Père du réalisme brésilien dont la lignée littéraire comprend, entre autres, Garcia Marquez et Borges, sa stature est telle que lorsque que
l’on est amené à parler de l’un de ses romans, on est déjà sous influence et l’on craint forcément de passer à côté de l’essentiel message… vous savez ces évidences qui planent quelque part du
côté des non-dits qui, insidieusement, finissent toujours par éveiller en vous un sentiment d’inachevés, le relent doux amer d’une insatisfaction, cette impression de défaite au cœur de la plus
éclatante des victoires, qui est presque la marque de fabrique de cet auteur et qui ici n’agit qu’avec la mécanique bien huilé du savoir faire, sans que l’âme n’ai vraiment son mot à dire. Son
héros, le conseiller Aires, qui à passer sa vie dans les arcanes de la politique, revient au pays où l’attend sa sœur, fait la connaissance des amis de cette dernière et peu à peu fini par tout
connaître de leur vie. Il entreprend de conquérir une jeune veuve et note méticuleusement le déroulement de cette chronique mondaine sur son journal que Joachim Maria Machado de Assis nous livre
avec un soucis du détail qui ne laisse pas la moindre place aux accents romantiques qui impreignaient son œuvre à ses débuts. On est loin ici du réalisme osé et inclassable qui a fait sa renommé.
De longues explications et un immobilisme lancinant, voilà qui est paradoxal pour un auteur qui dans “Esaü et Jacob” ecrivait : « Les explications font dépenser du temps et du papier, retardent
l'action et finissent par ennuyer… ». Abolition de l’esclavage, reflexion grinçante sur le temps qui passe, fin d’un monde qui vacille sous le poids de son immobilisme, personnages otages de
traditions surannées… tout les ingrédients sont là mais…
Traduit du brésilien par Jean-Paul Bruyas - 160 pages - Métailié - 9 euros - JCDR
par Jean-Claude Di Ruocco
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Dimanche 30 décembre 2007
ART SUD
N° 57 - 2ème trimestre 2007
Dans ce premier roman autobiographique, Dominique Resch nous explique comment il a réussi à s'extirper des “univers” qui composèrent son existence, comme autant de strates initiatiques qui,
chacune se rajoutant à l'autre, lui ont permis une interprétation toute personnelle de ce long et beau voyage que l'on nomme l'enfance. Avant d'avoir des lunettes, par exemple, il évoluait dans
un monde dépourvu de règles géométriques et tout, autour de lui, semblait nimbé d'une poétique mouvance où les couleurs se fondaient dans l'interprétation qu'il faisait aussi bien des sons que
des formes indistinctes qui l'entouraient. Puis les lunettes surgirent et il finit par être admis dans le monde réel des enfants, vous savez celui qui frôle souvent celui des adultes mais que ces
derniers ont tant de mal à reconnaître, tout usés qu'ils sont par leurs certitudes surannées. Vient ensuite ce nouvel univers à découvrir… celui des filles, sans parler de tout le reste. L'auteur
n'aura de cesse, sinon d'expliquer, du moins d'interpréter, avec sa logique toute poétique et “rigolote” de gosse, le lent décantage qui l'a conduit à se construire une personnalité où survivent
encore aujourd'hui ces interrogations inattendues et folles. Celles qui sont le carburant de l'éternelle curiosité et qui ont, sans doute, poussé Dominique Resch à courir d'un continent à
l'autre, histoire de voir si la vie est différente dans les basse-cours ou les poulaillers d'acajou dissiminés aux quatre coins de cette foutue planète. Un savoureux mélange d'humour et de
tendresse, des portraits décapants et des situations cocasses, pour un premier ouvrage c'est parfaitement maîtrisé, savamment dépouillé et férocement jubilatoire.
120 pages - Transbordeurs - 13 euros - JCDR
par Jean-Claude Di Ruocco
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Dimanche 30 décembre 2007
(PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-MARIE-BARON)
ART SUD N° 57 - 2ème
trimestre 2007
Ce livre est Inespéré, le mot n'est pas trop fort pour qui aime Joseph Kessel et je ne parle pas ici seulement de son œuvre littéraire mais aussi du personnage hors du commun, de l'homme, pour
tout ce que son aura gigantesque transporte d'émotion, de courage, de modestie, de romantisme et de générosité. Si, au soir de sa vie, Joseph Kessel s'est confié à Jean-Marie Baron, c'est bien
parce qu'il voulait que tout soit en ordre dans le grand inventaire de ses rencontres, de ses romans, de ses reportages, de ses combats et de ses excès. Voici donc, au travers de récits
fidèlement retranscrits, Joseph Kessel qui revient nous visiter et nous entraîne à nouveau dans un festival d'aventures rocambolesque où se croisent des hommes politique, des femmes
fatales, des écrivains, des voyou des aventuriers, des princes déchus… du Kessel comme on en voudrait à jamais ! Bien sur certains passages qui sont dans ce livre figurent parfois dans des livres
du maître où biographies qui lui ont été consacrées, mais c'est égal car pour la grande majorité les anecdotes sont inédites et intact le plaisir de redécouvrir les grands moments de ce destin
unique qui libère son chant en une folle cavalcade au travers d'un XX° siècle que Kessel aura marqué de son empreinte indélébile. Lui que l’on parre volontiers de superlatifs (voyez cette
chronique) nous apparaît ici dépouillé de tout artifice et profondément humain. Ce livre, est un condensé d’émotion et de vérité, comme un rappel au générations futures, qui incite à se replonger
dans l'œuvre flamboyante d'un homme de passion, un écrivain fraternel dont chaque acte a été une leçon d'humanité, un formidable exemple de tolérance, plus que jamais d'actualité. “Amis,
entends-tu…” est l’ultime confession du vieux lion. Son message rugit à nouveau, son cri est semblable à celui de la liberté… et comme cette dernière il demeure indispensable.
300 pages - La Table Ronde - 19 euros - JCDR
par Jean-Claude Di Ruocco
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Dimanche 30 décembre 2007
ART SUD N° 57 - 2ème trimestre 2007
Dans ce livre l’héroïne c’est la grand-mère (au début elle n’est pas grand-mère bien sûr). Sarde et taciturne, elle rêve de l’amour sans bien savoir de quoi il
s’agit. Il y a sa famille qui la croie folle et désespère de la voir se marier. Il y a le prétendant à qui on la ”refile” sans se soucier de son avis. Il y a une galerie de personnages singuliers
et attachants. Il y a, c’est le plus important, la narratrice, la petite fille de l’héroïne, qui transforme cette affaire de famille en un voyage un peu surréaliste où le concret se nimbe peu à
peu d’interprétations étranges et captivantes. Rien d’extraordinaire dans ce qui est raconté. Ce qui l’est plus, c’est la façon dont les mots sont utilisés et agencés pour nous conduire au
travers de cet intermède où, sous l’emprise de l’imaginaire, tout soudain semble permis, du plus poétique au plus cru. Il faut souligner le talent de Milena Agus qui a su inscrire ce récit sur la
trame réaliste d’une Italie en proie à la guerre et plus tard à la crise qui va plonger tant d’Italiens et de Sardes en particuliers, dans la misère. C’est là qu’apparaît la maîtrise de l’auteur,
dans ces descriptions sobres et limpides, aussi bien des personnages que de leurs conditions de vies, qui si elles ne sont pas l’essentielles du roman, lui donnent un impact visuel incroyable. Ce
livre nous renvoie à l’interprétation que chacun d’entre nous peut faire des faits et gestes des personnes qui nous sont chères, sans peut-être aller aussi loin que Milena Agus dans leur
intimité. Il murmure le chant lancinant des secrets qui, derrière la façade du quotidien, conditionnent à jamais nos existences, comme celle de cette grand-mère dont la narratrice ne nous cache
rien… un étrange voyage où la poésie côtoie le voyeurisme (imaginaire bien sur) le plus malsain… c’est là qu’un bémol se fait entendre, car un récit aussi bien écrit, répétons le, peut se passer
des descriptions pseudo érotiques qui, sous couvert de se vouloir irrévérencieux, parsèment cette simple et belle histoire.
Traduit de l’Italien par Dominique Vittoz. 123 pages - Editions Liana Levi - 13 euros - JCDR
par Jean-Claude Di Ruocco
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Dimanche 30 décembre 2007
ART SUD N°
57 - 2ème Trimestre 2007
Les textes d’Alain Billy forment un kaléïdoscope de saveurs qui se succèdent au rythme lent que le lecteur doit adopter pour en apprécier parfois toute l’originalité. Maximes, pensées
acerbes et mordantes, réflexions en forme de boutades qui enfoncent les portes grandes ouvertes de l’évidence, jeux de mots, petits textes incisifs qui démangent là où on ne s’y attend pas… bref,
ce fourre tout est comme une malle au trésor qui renfermerait, dissimulé au milieu de pièces en étain, de véritables joyaux. Ce qui ici est d’autant plus original, c’est que selon les lecteurs,
les bijoux ne seront sans doute pas les mêmes. Il faut picorer dans ce livre un peut au hasard, car une lecture assidu uniformise vite la rébellion ironique propre à ce genre d’aparthé qui, mise
l’une à la suite de l’autre, ne feront jamais un véritable plat de résistance à se mettre sous la dent. Bref, on reste sur sa faim. Ceci dit, attention ! Le meilleur reste à découvrir. Si l’on
retourne le livre, alors là fini les petits grignotages, on découvre les dessins de cet auteur qui à tout de même un sacré talent d’humoriste. Autant de dessins qui nous parlent vraiment et dont
les messages fort et profonds, sont tout empreints d’une poésie définitivement touchante. Les sujets les plus graves sont ici traités avec un humour décapant et une lucidité contagieuse qui parle
à nos consciences endormies bien plus que la partie écrite de ce livre. Pour tout dire c’est à ces dessins que je tire mon chapeau et à cet auteur, qui, s’il dirige l’Institut de Thessalonique en
Grèce, n’en trouve pas moins le temps de nous faire rire intelligement.
100 pages - Parole Editions - 17 euros - JCDR
par Jean-Claude Di Ruocco
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ART SUD N° 56 - 1er Trimestre 2007
La religieuse de Madrigal, c'est Ana d'Autriche, fille de Don Juan, demi-frère de Philippe, roi d'Espagne. Elle sera placée dans un monastère à l'âge de six ans. Contrainte de prononcer ses vœux,
elle semble condamner à l'oubli, lorsque naît une passion tumultueuse entre elle et un homme qui dit être Gabriel de Espinosa, mais que la rumeur prétend être Don Sébastien, le roi disparu du
Portugal. Comme il nous l'explique dans l'avant-propos de son ouvrage, Michel Del Castillo portait ce livre en lui depuis plusieurs années sans pouvoir se décider à l'écrire. Les réserves, qu'il
a toujours émises sur les livres historiques, sont une des raisons de sa réticence. Car il s'agit bien d'un livre historique, on pourrait même dire un livre d'histoires, avec un “s”, tant celles
de l’écrivain et de son héroïne sont étroitement imbriquées, malgré les siècles qui les séparent. L'auteur porte une tendresse sincère à cette “petite sœur”, comme lui, abandonnée. Il y a une
véritable implication émotionnelle dans l'écriture et de nombreux parallèles sont faits entre la propre expérience de Michel Del Castillo et celle d'Ana, ce qui permet à ce dernier d'approcher au
plus près la personnalité de son personnage et d'ajouter, à des faits historiques avérés, des précisions judicieuses sur les motivations intimes, les états d'âme et les espoirs de cette jeune
femme victime de la raison d’état., même si cela reste du domaine de la supposition. Comme indiqué plus haut, c'est un vrai livre historique, mais qui n'a rien d'académique. Une approche
originale, presque un roman… une “affaire” entre l'auteur et ses démons, ceux-là même, suppose-t-il, qui ont dû hanter cette pauvre Ana d'Autriche lorsqu'elle fut oubliée de ceux qui devaient
l'aimer. Tous les thèmes chers à Michel Del Castillo sont là : enfance bafouée, manipulation du pouvoir, passion de la liberté, illusion de toute vie…
320 pages - Fayard / Le Seuil - 20 euros - JCDR
par Jean-Claude Di Ruocco
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ART SUD N° 56
- 1er Trimestre 2007
Irak 2003. Premier jour de réddition : Magda, infirmière de mère française et de père irakien, revient sur la terre de ses ancêtres où, en dehors de toute association d'aide humanitaire, elle
recueille des orphelins. Elle instaure peu à peu un semblant de normalité dans l'enclave paisible que forme sa petite communauté à la frontière d'un pays en souffrance. En parallèle à une réalité
cruelle (le drame parfois de devoir enterrer un de ses protégés, la maladie, la guerre…), la vie s'écoule routinière et grave, en une rassurante autarcie : petite plantation pour la nourriture,
puits pour l'eau, quelques médicaments, rituels rassurants de tendresse à des enfants qui réapprennent l'amour maternelle. Puis arrive Yel venu l'aider et qui, au travers de ses récits, va
attirer Magda, en une lente et subtile initiation, à un retour accepté vers la simplicité et l'humilité, sans laquelle il serait vain de vouloir affronter le désert. Yel, mystérieux et pourtant
si rassurant, qui soigne un enfant avec un peu de farine, fait jaillir une source du sable, Yel qu'elle idéalise au point de croire au miracle là où il n'y a que sagesse et logique. Virginie
Langlois, avec grace et poésie, nous dévoile le journal lent et captivant de son héroïne, une jeune femme en quête d'absolue, absolue don de soit, absolue soif de paix et de partage, quête
identitaire et réapropriation d'un pays qu'elle n'a connu que par les récits de son père. Une histoire en forme de lent pèlerinage au travers d'une actualité encore brûlante, vers l'inéluctable
apaisement d'une âme. Un livre qui libère son chant dans un temps différent du notre, où la force de l'esprit rend obsolète la technologie qui ailleurs (comprenez en occident) annihile toute
volonté d'imagination. Légérement moralisant mais tellement bien écrit…
142 pages - Actes Sud - 16 euros - JCDR
par Jean-Claude Di Ruocco
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ART SUD N° 56 - 1er Trimestre
2007
Le personnage principal de ce livre, Adrien Sixte, est un intellectuel, un philosophe qui a développé, au travers d’ouvrages unanimement reconnus, une doctrine novatrice pour ce qui concerne les
rapport humains et l’analyse psychologique des personnes au travers de leur caractéristiques physiques, de leurs antécédents ataviques et du poids de la grande l’Histoire sur celle, plus intime,
de leur famille. Il vit presque en dehors du monde, consacrant tout son temps à l’étude et à la réflexion. Un jeune homme, Robert Greslou, lui rend visite. Ce dernier après avoir lu les ouvrages
d’André Sixte, à décidé de conduire son existence selon les préceptes de celui qu’il considère désormais comme sont maître à penser. Le philosophe va découvrir peu à peu le parcours de son
disciple. Cette révélation ira jusqu’à faire vaciller les convictions les plus intimes du vieil homme. Voici la trame de ce roman passionnant, qui pose la question de la responsabilité des
auteurs vis à vis de leurs lecteurs, surtout lorsque cet auteur prétend remettre en questions les bases morales et relationnelles qui régissent les rapports humains depuis des générations. Paul
bourget (1852-1935), par ce livre écrit en 1888, se pose comme le précurseur rebelle d’un message simple et pourtant essentiel : l’interpénétration du social dans le littéraire. Une
dissection minutieuse, romantique et métaphysique, des relations de l’individu dans la société moderne, influencée par le réalisme de Balzac et l’analyse de Taine. On peut parler ici d’une œuvre
visionnaire, car aujourd’hui plus qu’hier, l’éducation ne peut se concevoir sans prendre en compte histoire, actualité et spiritualité. “Ce texte apparaît comme un miracle de poésie et de
philosophie, un appel au large, un rappel au généreux et au sensible, dans un âge encore dévolu au affres de la pensée inique des temps anciens“ nous dit la quatrième de couverture. Nous ne
pouvons qu’acquiescer. 310 pages - Transbordeur - 15 euros - JCDR
par Jean-Claude Di Ruocco
publié dans :
Chroniques littéraires
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