Dimanche 14 octobre 2007
lafileusedhistoire.jpgART SUD - n° 50 - 3ème trimestre 2005

Chaque année Maria rejoint les sommets de la Sierra Madre au cœur du Mexique pauvre et rural, à la rencontre de ses semblables, les Indiens Otomis, paysans pour la plupart qui vivent en autarcie dans les villages qu’elle traverse. Sur la place de chacun d’eux, la conteuse s’installe et devient le lien indispensable qui relie son peuple au monde de la vallée. les histoires dont elle est la dépositaire sont de véritable antidote contre la solitude et la misère. A chaque voyage elle retrouve Manuelo, l’enfant estropié, qui ne parle qu’avec ses mains et ses yeux. La vieille femme a su l’apprivoiser et devenir pour lui une source dispensatrice de conseil et de rude tendresse. Un jour, alors qu’il est devenu un homme, elle l’emmène avec elle. Dès lors Maria n’aura de cesse que de le convaincre de sortir de son mutisme afin de lui transmettre ses récits. Elle trouve à son contact, la force d’affronter enfin ses propres démons, le douloureux secret qu’elle porte en elle, la seule histoire qu’elle n’ai jamais racontée. Evelyne Jouval nous transporte dans un univers où la pauvreté est la toile de fond sur laquelle s’exacerbe toute la beauté des sentiments qui motive des personnages plus complexes qu’il n’y parait de prime abord. Elle délivre un récit lent et amer, traversé de moment d'embellie mais aussi de passages plus terre à terre,  qui perturbent la belle ordonnance poétique d’une histoire douce et émouvante en lui donnant un aspect réaliste et cru. À découvrir comme un long voyage triste qui préfigure des lendemains d’espérance et d’amour.
155 pages - 16 euros - Transbordeurs.  J.C.-D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Dimanche 14 octobre 2007
Mon-p--re-est-un---.jpgART SUD - n° 50 - 3ème trimestre 2005

Sonia Moumen, au travers de petits textes, qui se succèdent comme autant d’instantanés d’un quotidien magnifié par le pouvoir des mots, nous raconte les trois hommes de sa vie. Son père, personnage truculent, est présenté avec tendresse et poésie au travers d’une évocation pleine d’humour. Pour son amant par contre, nous avons droit, entre autre, à l’inventaire complet de leurs habitudes ménagères, leurs mutuelles admirations béates et surtout à leurs pratiques sexuelles, avec descriptions plus ou moins ragoûtantes de leur intimité dans les termes les plus crus. Une exhibition bien dans l’air du temps mais qui surprend toujours un peu. Lorsqu’elle nous parle de son fils, le récit retrouve soudain son pouvoir d’attraction, avec l’amour qu’elle éprouve pour son bébé et ses interrogations devant la nouvelle direction que prend soudain son existence. Malheureusement, la description en termes “Hot” de la métamorphose post-natale de son corps nous ramène bien vite à des réflexions plus pratiques, comme le fait que son amant ai une couille plus grosse que l’autre où que, je cite : ”Avec mon ventre mou, mes seins gonflés, l’odeur acide de mon sexe… je ressemble à une pute mexicaine.” Bien sûr lorsqu’elle écrit au sujet de son enfant : ”Peut-être même qu’il aura des yeux de petit bicot.” la boucle est bouclée. Pourquoi avoir choisi ce titre pour un livre où, au-delà de l’évocation nostalgique d’une enfance heureuse, c’est la divulgation sans retenu de sa vie privée et de celle de ses proches, que Sonia Moumen jette en pâture aux lecteurs ? “Le journal d’une femme d’aujourd’hui, amoureuse de la vie et sans tabou” nous dit l’éditeur… voilà sans doute un début de réponse…
170 pages. 13,50 euros - Gallimard.  J.C.-D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Dimanche 14 octobre 2007
l-autre-comme-moi.jpgART SUD - n° 50 - 3ème trimestre 2005

Passager d’un quotidien de routine qui le maintient dans un état dépressif, Tertuliano Maximo Alfonso, professeur d’histoire, divorcé, vit seul entre ses livres et ses cours. En regardant une cassette vidéo, il découvre qu’un des acteur est son double parfait, ce que confirme le visionnage d’autres films.  Au bout d’une enquête qui fera surgir au grand jour des capacités insoupçonnées chez lui, il finira par apprendre l’identité de l’homme en tous points sont semblable : Antonio Claro. Dès lors notre héros se lance sur les traces du comédien, mettant en marche l’inexorable piège qui va se refermer sur lui. Ce livre donne le vertige. Le mot n’est pas trop fort. C’est à une véritable aventure intérieure que nous convie José Saramago, prouvant une fois de plus tout le talent d’un écrivain immense (Prix Nobel de Littérature 1998) qui, au travers de ce roman, dépeint avec lucidité et un humour savoureux, les maux et les travers de notre société. L’histoire avance au travers d’une description minutieuse des mécanismes de pensée qui propulse le héros hors de son univers uniforme vers un destin inconnu que le lecteur, otage consentant d’un suspens jamais démenti, brûle de découvrir lui aussi. À savourer sans modération ! Traduit du portugais par Geneviève Leibrich. 285 pages - 21 euros - Seuil.  J.C.D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Dimanche 14 octobre 2007
Le-roman-de-Beyrouth.jpgART SUD n° 50 / 3ème trimestre 2005

Alexandre Najjar nous convie à l’accompagner sur les traces de l’Histoire, la grande, celle du Liban, mais aussi la petite, celle d’une famille qui depuis trois générations vit face à la place des Canons, lieu au combien emblématique de Beyrouth, et dont les membres seront les acteurs d’une lutte acharnée pour la liberté et l’indépendance de la patrie du cèdre. Première République d’Orient, véritable métaphore d’une tolérance jamais démentie entre les trois religions monothéistes, le Liban au travers des pages de cet ouvrage nous est expliqué, sans jamais perdre de vue les destinées souvent tragiques de tous les protagonistes de cette saga, ce qui donne au roman de savoureuses couleurs, un je ne sais quoi de jubilatoires, d’insouciance, avec en filigrane la douce nostalgie d’un paradis perdu. L’auteur nous ouvre les yeux sur les mécanismes irréversibles qui ont peu à peu broyé le rêve merveilleux dont le Liban était le berceau, celui de la paix et du partage, celui que les puissants de ce monde ont enseveli profondément sous les strates de leur incommensurable voracité.  Voilà ce qui transparaît derrière les mots d’un écrivain particulièrement talentueux. Aujourd’hui qu’une aube nouvelle se lève sur son pays, Alexandre Najjar avec “Le roman de Beyrouth” est là pour nous dire que de la souffrance d’un peuple épris de justice et de liberté naîtra toujours un avenir meilleur…
370 pages. 20 euros - Plon.  J.C.-D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Dimanche 14 octobre 2007
Azulejos.jpgART SUD n° 50 / 3ème trimestre 2005

Commenté par JEAN-MARIE AUZIAS
Azulejos est un mot portugais qui désigne un carreau de céramique dont l’une des surfaces est décorée et vitrifiée. Si dans des pays comme l’Espagne, l’Italie, la Hollande, la Turquie l’Iran ou le Maroc sont emploi relève avant tout de l’ornemental, il en est tout autrement dans l’univers artistique portugais où L’Azulejaria est un art décoratif typique, qui mélange tradition et originalité. Il est le lien entre passé et présent, véritable témoin de l’évolution de la société et de la culture portugaise. Patrice Giorda, porteur d’une œuvre déjà riche, qui délivre au travers de ses créations le message d’une recherche fiévreuse sur la réalité des êtres et des choses, s’est lancé avec la passion qui le caractérise dans cette aventure, apportant une contribution originale à un art introduit au Portugal en 1415. En décembre 1999, c’est à Lisbonne, au monastère St-Vincent, qu’il découvre les Azulejos sur les fables de La Fontaine. Dès 2000 il s’installe au Portugal. Nous l’accompagnons au travers d’un préambule passionnant dans l’apprentissage d’une discipline ancestrale, mais surtout dans l’enthousiasme d’un créateur atypique parti à la découverte de nouveaux territoires artistiques. Patrice Giorda a su transporter l’esprit fort et tourmenté de son œuvre sur les petits carreaux de terre cuite qui, malgré l’aspect séculaire de leur histoire, basculent ici dans une modernité flamboyante et nous révèlent 27 Azulejos illustrant de façon magistrale 27 fables de La Fontaine. Chacune d’entre elles est accompagnée d’un commentaire de Jean-Marie Auzias, philosophe, malheureusement décédé depuis, qui révèle les non-dits et éclaire avec poésie les arcanes d’une réalité sur laquelle la part d’imaginaire permet à l’observateur sous le charme de redécouvrir sans cesse de nouveaux rêves… bleus… bleus comme le Portugal, le pays bleu des Azulejos. Merci pour ce beau livre intemporel et magique.
160 pages - 35 euros - Thoba’s.  J.C.-D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Dimanche 14 octobre 2007
le-jardin.jpgART SUD n° 50 / 3ème trimestre 2005

Après nous avoir permis de revisiter Jean Moréas, avec “Le voyage en Grèce”, les éditions Transbordeurs nous proposent aujourd’hui de nous entraîner sur les traces de Maurice Barrès, contemporain et ami de l’auteur des “Stances”. Paru en 1922 “Un Jardin sur l’Oronte”, ouvrage “culte“ s’il en est, deviendra le livre préféré de plusieurs générations d’écrivains. Cette redécouverte nous permet, au-delà de la stature politique du plus jeune député de France (27 ans), de mesurer toute l’étendue du talent de l’homme de lettre, véritable maître à penser de toute une génération qui lui valu le surnom de “prince de la jeunesse”. Lorsque l’Académicien (il succède à José-Maria de Herredia en 1906) délaisse sa quête patriotique pour ne pas dire nationaliste, et qu’il prend le chemin du Sud, c’est pour nous délivrer un véritable chef-d’œuvre sur lequel glisse déjà un souffle euroméditerranéen prémonitoire à l’usage des générations à venir. Le récit, empreint d’une très grande poésie est avant tout une invitation au rêve. L’histoire d’une passion dévorante, de deux cultures que tout oppose mais, comme une leçon, se rejoignent au travers d’un amour passionné. Le parallèle avec “Tristan et Iseult” est évident, mais ici, contrairement au roman médiéval, les codes d’honneur volent en éclat devant la force destructrice de sentiments trop violents. Le véritable tour de force de Maurice Barres, est de ne jamais sacrifier la cruelle réalité des contradictions humaines à l’esprit magique et envoûtant de ce récit. Une fois que l’assouvissement des sens laisse la place à des aspirations plus terre à terre, l’auteur nous guide au travers des contradictions qui pousseront Oriane la belle sarrasine et Guillaume le jeune chevalier chrétien à se déchirer jusqu’à la haine avant l’ultime rédemption des deux amants, que l’Académicien nous livre, comme une apothéose, en un final  émouvant.  Au travers de ce livre on retrouve la véritable essence de la littérature française, une écriture empreinte d’une élégance savoureuse où chaque mot est chargé d’émotion. Un pur moment de bonheur.
125 pages. 15 euros - Transbordeurs.  J.C.-D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Dimanche 14 octobre 2007
Mireille.jpgART SUD n° 49 / 2ème trimestre 2005

Adaptation et Mise en scène de Gérard GELAS
Qui d’autre que Gérard Gelas, pouvait adapter “Mirèo” à la scène et en Français qui plus est ? Auteur, metteur en scène, musicien, il fonde à Avignon le Théâtre du Chêne Noir en 1967, compagnie qu’il dirige depuis avec succès. Il compte une trentaine de créations à son actif, ainsi qu’une cinquantaine de mises en scène d’auteurs aussi divers que Mishima, Brecht, Tchekhov, Camus, Musset, Molière… Pour ce génial touche à tout il était sans doute temps de se tourner vers ses racines, cette Provence éternelle à laquelle l’immense Frédéric Mistral a consacré toute son œuvre. Cette nouvelle adaptation scénique s’inscrit pleinement dans le siècle, ici pas de passéisme caricatural, “le miracle «mireien», toujours plus fort, se renouvelle avec une étonnante fraîcheur. Dans une boite de Nuit, une toute jeune fille inspire un amour fou à un DJ, il deviendra Vincent, elle sera Mireille. Comme nous le confie le metteur en scène : “Les grands poèmes provoquent à l’amour, là est la piste que je suivrai” et même s’il a dû effectuer des coupures pour faire de ce poème épique une pièce de théâtre, Daniel Gélas, sans jamais la trahir, nous restitue l’œuvre de Mistral dont Lamartine salua en sont temps la “majestueuse simplicité” et en démontre ici toute la modernité.  Après avoir adapté avec succès Fernando Arrabal, Yashar Kemal, René Depestre, Charles Perrault, Antonin Artaud, Gérard Gélas récidive avec Frédéric Mistral…cela s’appelle le talent..
80 pages - 13 euros - Transbordeur.  J.C.-D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Dimanche 14 octobre 2007
liban-libre.jpgART SUD n° 49 / 2ème trimestre 2005

 Cet ouvrage sur un Liban trahi par ses alliés et livré à la double occupation israélienne et syrienne, est paru en 1996 sous le titre “Liban Libre les larmes de cire”.  Il a rencontré un beau succès en France et au Liban, même si la sécurité militaire syrienne arrêtera le diffuseur à Beyrouth et interdira l’importation et la vente du livre faisant de l’auteur une personne interdite au pays du cèdre. Cet réédition dans une nouvelle version augmentée d’un entretien avec le Général Michel Aoun, tombe à point nommé surtout lorsque l’on sait que l’actualité, après l’assassinat de Rafic Hariri, remet le Liban au premier plan des préoccupations internationnales et permet à Michel Aoun de faire enfin entendre sa voie, tant il s’annonce comme la seule alternative résonnable à la reconstruction politique du pays afin de relancer un processus démocratique lorsque les Syriens seront partis.  A noter que l’administration de Georges Bush fait le forcing pour le retrait du pouvoir syrien, celui là même à qui le père du président américain avait livré le Liban… “avant d’avoir méprisé Massoud l’Afgan, le clan Bush a méprisé Aoun le Libanais” nous dit l’auteur, il aurait pu ajouter qu’heureusement l’histoire se charge toujours de rappeller leurs erreurs à ceux qui méprise… la liberté. Ecrivain, journaliste, spécialiste du monde arabo-musulman, Salvatore Lombardo fait ici la démonstration éclatante que le Liban doit retrouver sa place véritable, celle d’un pays où la tolérance, hérigé en mode de vie, servira bien plus la cause de la paix que toutes les comprommissions dont son victimes les peuples sacrifiés sur l’autel  sur l’autel de l’extrémisme qui, au quatre coins de la planète, déshonore des dirigeants repus de suffisance Il est évident que face à la nouvel donne politique qui va forcément faire du Liban le point de mire de nombreux observateurs, nombre d’ouvrages vont fleurir, opportunistes où pas, ici au moins l’honnêteté de l’auteur ne peut être remise en cause (livre réédité un mois avant la mort de Rafic Hariri). Il est temps d’écouter ceux qui depuis le début sont du côté d’un Liban libre et démocratique, le Liban de Magida El Roumi, Ghassam El Rhadani, Emile Al-Akra, Roger Eddé, Michel Aoun… et tant d’autres épris de liberté pour un peuple trop longtemps sacrifié au nom des intêrets internationaux…
165 pages - 16 euros - Transbordeur.  J.C.D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Dimanche 14 octobre 2007
watusi.jpgART SUD n° 49 / 2ème trimestre 2005

D’abord, il faut décrypter un long prologue, d’une densité presque décourageante, où l’auteur défouraille sur tous ce qui bouge, fournissant questions et réponses, maniant ironie acerbe et assénant des vérités prêtes à l’emploi (en vente dans tous les bons magasines people), mais où on apprend tout de même qu’un mystérieux personnage lui passe commande d’un rapport sur “le jour du Watusi”.  Ensuite, on peut enfin (ouf !) “attaquer” le livre et découvrir qu’en 1971,  Julia,  fille d’un chef de gang, est retrouvée la tête fracassée à Monjuïc un bidonville de Barcelone. Les soupçons se portent vite sur le Watusi, sorte de voyou rebelle, donc forcément romantique, loup solitaire (au nom tout droit sortit d’un manga même si en fait ça n’a aucun rapport) qui attire autour de sa personne aussi bien l’admiration que le ressentiment. La famille de la victime le recherche, désireuse de venger cette dernière et surtout d’affirmer un peu plus leur suprématie sur le quartier. Deux adolescents, convaincus de l’innocence du Watusi et bien décidés à le sauver, se lance à sa recherche. Leur quête les conduira en ville, dans un monde réel et parfois bien plus cruel qu’il n’auraient pu l’imaginer… Ce scénario permet à l’auteur de nous transporter dans un univers (qui n’est pas sans rappeler celui du roman de David Goodis “Epaves”) où le sordide côtoie la poésie, où le drame attend son heure derrière l’humour de situations pour le moins burlesques. Les personnages sont ceux qui gravitent habituellement aux cœurs de mondes glauques, caricatures sans surprises de marginaux que la vie a oublié mais qui n’en sont pas moins ici dépeints avec beaucoup d’humour, ce qui sauve le récit chargé de longueurs, d’explications ”psycho je ne sais quoi”… de plus le gimmick de s’adresser au lecteur régulièrement (ici le lecteur aura compris… etc) ne fait qu’accentuer le ton dictatique d’un narrateur en constante représentation. Un voyage initiatique aux relents barbares mais dont le déroulement reste prévisible… pouvait-il en être autrement ?  “Les jeux Féroces” est le premier volet d’une trilogie.
Traduit de L’Espagnol par Claude Bleton. 280 pages. 19,80 euros - Actes Sud.  J.C.-D.R
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Dimanche 14 octobre 2007
La-fille-du-Conteur.jpgART SUD n° 49 / 2ème trimestre 2005

 Saira Shah est journaliste indépendante, reporter de guerre et a réalisé le documentaire “Derrière le Voile” qui lui a valu une reconnaissance internationale. Élevée en Angleterre, elle ne connaissait l’Afghanistan qu’au travers des contes que lui racontait son père, l’écrivain Soufi Idries Shah. Désireuse de découvrir la terre dont est originaire sa famille, elle part au Pakistan (où se déroule la moitié du livre). Lors d’incursions plus ou moins longues en Afghanistan, elle sera confrontée à la terrible réalité d’un pays alors en guerre contre l’URSS. Ses rêves d’enfant sont vite laminés face aux traditions parfois archaïques d’un peuple qui survit dans un univers d’une rare violence. Mêlant témoignages, légendes, récits d’écrivains Afghans, souvenirs d’enfance et évocations nostalgiques à ses propres expériences, Saira Sha nous entraine à sa suite et nous la suivons volontiers, même si parfois elle force un peu le trait, pour accentuer le coté “folklorique” de certaines descriptions (notamment lors de ses nombreux séjours à Peshawar).  En 2001, dans un pays livré au Talibans, elle filme dans la clandestinité des femmes Afghanes qui refusent l’oppression et, dissimulée sous la burqua, défendra à leurs côtés une certaine idée de la liberté. Au-delà de son enquête journalistique, c’est le mythe d’un pays merveilleux qu’elle recherche, comme pour mieux retenir les images d’un passé à jamais révolu. Traduit de l’anglais par Claude-Christine Farny. 330 pages. 20 euros - Robert Laffont.  J.C.-D.R. 
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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