ART SUD n° 48 / 1er trimestre 2005
Lorsque le narrateur débarque sur cet îlot sans nom du pacifique Sud afin d’y assumer le poste de climatologue, il entend bien profiter de cet exil volontaire pour se
reconstruire après des années consacrées à la causes Irlandaise qui avaient fini par faire de lui un apatride désenchantée. Dès le premier jour il fait connaissance de son unique voisin, un
colosse au caractère d’ours mal léché, qui vit dans un phare transformé en forteresse. Devant l’hostilité de ce dernier et l’état pitoyable dans lequel il trouve la maison qui lui est attribuée,
le doute s’installe bien vite remplacé par la terreur, surtout lorsqu’il se retrouve assaillit par une horde de monstres mi-hommes mi-batraciens tout droit sortie d’un improbable enfer
sous-marin. Car ici, Albert Sanchez Piñol nous entraîne dans un récit effrayant mais avant tout captivant, qui, s’il se passe sur une île, est plus proche de Lovercraft que de Stevenson ou Defoë.
Les protagonistes devront affronter non seulement l’insatiable fureur de leurs ennemis à la peau froide, mais aussi toutes les contradictions et les paradoxes de l’âme humaine qui les pousseront
à unir leurs forces malgré le mur d’incompréhension qui les sépare. Au travers de ce combat “civilisation contre barbarie” l’auteur délivre une critique sans concession de l’aveuglement des
hommes qui depuis toujours obéissent au même crainte et reproduisent les mêmes erreurs. Un roman merveilleux au suspens jamais pris en défaut qui vacille entre poésie et fantastique, ont en sort
comme d’un rêve riche en émotion car la violence parfois inouïr qu’il porte en lui ne sert, en fait, qu’à mieux révéler toute la beauté qui transpire de chaque pages.
Traduit du Catalan par Marianne Millon. 262 pages - 19,80 euros - Actes Sud. J.C D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco
publié dans :
Chroniques littéraires
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ART SUD n° 48 / 1er trimestre 2005
Le roman de Selim Nassib commence en 1923. Le gouvernement anglais encourage les Juifs à venir établir un foyer national en Palestine, alors sous protectorat britannique. Cette
étroite bande de terre devient vite le théâtre de confrontations entre les communautés Arabe et Juive. C’est dans ce contexte que deux destins vont se rencontrer : ceux de Golda Meir et Albert
Pharaon. La jeune femme, farouchement engagée dans la cause Sioniste vit dans un kibboutz aux règles de cohabitation spartiates. Son désir d’action politique est cependant réfréné par la présence
de ses enfants et de son mari atteint de malaria à qui elle se consacrera, mettant sous l’éteignoir ses ambitions durant 4 années avant qu’on ne lui propose à nouveau de jouer un rôle au service
du sionisme. Albert Pharaon vit au Liban, fil d’une riche famille Palestinienne, banquier, passionné par les chevaux de course, il décide de s’éloigner de sa famille pour : “fuir la société
étouffante à laquelle j’appartiens”. Ainsi il quittera femme et enfants pour s’installer en Palestine où il vivra une histoire d’amour avec Golda. Ensemble, ils traverseront les événements
marquant de l’histoire des deux peuples. Tout le contexte du roman est passionnant. L’auteur revient, sans parti pris, sur la création de l’État d’Israël, n’omettant aucun des aspects politiques
ou religieux, sans oublier évidemment l’implication britannique puis américaine dans le processus d’affrontement qui aujourd’hui encore déchire les deux peuples. L’histoire de Golda et Albert,
malgré une symbolique très forte, sert de fil conducteur à un récit où se mêle harmonieusement histoire et fiction. Les amants à l’image de leur communauté respective vont connaître une relation
violente et passionnée. C’est un ami de l’auteur qui lui a raconté cette idylle… elle est sans doute vraie, mais si l’action de Golda Meir et le rôle prépondérant qu’elle a joué sur l’échiquier
politique appartiennent à l’histoire et par là même à tout un chacun, par contre sa vie privée et sa libido nous regarde-t-elle ?
120 pages - 19 euros - Robert Laffont. J.C.D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco
publié dans :
Chroniques littéraires
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Nouvelles
Editions
Transbordeurs
paru en septembre 2005
ISBN : 2-84957-036-2
4ème de Couverture :
C’est parce qu’il puise son inspiration dans le chant lancinant du quotidien que Jean-Claude Di Ruocco sait si bien y ouvrir des brèches avec ces six
nouvelles qui tissent, patiemment, la trame réaliste et cruelle d’histoires où l’amour devient un piège. La Comptine de Seth est une porte ouverte sur un univers affleurant à la surface
d’existences routinières qui basculent à jamais de l’autre côté du rêve, du cauchemar parfois.
C’est avec une écriture empreinte de poésie que l’auteur exacerbe des sentiments, qui vont du bonheur absolu à l’horreur la plus noire, et nous révèle des songes étranges où les souvenirs
libèrent leurs réminiscences douloureuses et leurs bonheurs insoutenables. “Mes mots ne sont qu’un piège” disait-il dans un précédent ouvrage… Attention, car ici il n’y a pas d’autres issues que
d’aller jusqu’au bout de l’aventure pour espérer en sortir indemne.
Critiques :
Six nouvelles de qualité qui plongent le lecteur dans un univers de tendresse et de cruauté, et dont il goûte volontiers l’ambiance
mélancolique et nostalgique. Voici donc un recueil de nouvelles digne de ce nom : La comptine de Seth surprendra…
Ces six textes sont écrits dans la même veine et constituent un recueil cohérent de nouvelles, inspirées par le quotidien et la région
Marseillaise, Martigues en particulier dont provient Jean-Claude Di Ruocco. La comptine de Seth se lit avec plaisir : enraciné dans le quotidien contemporain, le style, recherché et proche
des petites choses, est régulièrement transcendé par des incursions du rêve et de l’amour. La plume habile de l’auteur envoûte et promène le lecteur entre rendez-vous amoureux manqués et
rencontres réussies avec l’horreur et le destin.
De longueur inégales mais bien construites, ces nouvelles plongent dans un univers né de la sensibilité exacerbée de l’auteur doublée
d’une soif éperdue de vivre, qui assurent justement la qualité des textes. Elles se lisent au rythme imposé par la mélancolie et la nostalgie qui en ont peu à peu imprégné les pages, comme
l’encre jadis sur le buvard. Rares en effet aujourd’hui sont les recueils dont les nouvelles se suivent logiquement et sans se ressembler pour autant : cela méritait d’être
salué.
Si la seconde nouvelle éponyme du titre du recueil semble un peu en deçà du reste, la troisième ( La Marelle ) est réussie au
point de justifier l’ensemble. Tendre et beau, cruel et impitoyable, il laisse une forte impression chez un lecteur déjà mis à vif par les deux textes précédents. Sûr de ses effets, Jean-Claude
Di Ruocco poursuit avec un quatrième texte, plus convenu et dont on devine la trame, pour enchaîner sur une autre perle : Le pardon d’Alexandre, plus court et moins cruel, et dont la chute
est surprenante même si elle use d’un ressort classique de la nouvelle noire. Le recueil s’achève avec un dernier texte, moins fort mais qui permet de quitter sans remords l’univers de l’auteur,
dans l’attente d’un nouveau crû à venir, au moins égal en qualité…
Stéphane Bataillard - ArtsLivres
Jean-Claude Di Ruocco cultive l'art de la nouvelle d'une plume alerte et poétique, même s'il abuse
parfois du procédé, tel un magicien du verbe extrayant de son haut de forme les lapins gigotants de la virtuosité ! Seth est un personnage biblique. C'est le troisième enfant d'Adam et Eve,
le frère de Caïn et d'Abel. Et cette comptine - qui est littéralement une chanson que chantent les enfants pour désigner celui qui devra sortir du jeu - est une porte ouverte affleurant à la
surface d'existences routinières qui basculent de l'autre côté du rêve, du cauchemar parfois. Jean-Claude Di Ruocco joue ainsi sur toute la gamme des sentiments qui vont du bonheur absolu à
l'horreur la plus noire. Il puise son inspiration dans Martigues, cette ville magique d'eau et de feu qui lui tient chaud au cœur. Ses six nouvelles en son imprégnées. Elles y tissent la trame
réaliste et cruelle d'histoires où l'amour devient un piège. C'est finement réalisé et ça se lit comme un polar. D'une seule traite.
André Baudin - Art Sud
par Jean-Claude Di Ruocco
publié dans :
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Poésie
Editions
Transbordeurs
paru en mai 2004
ISBN : 2-84957-013-3
Photo couverture : Courtesy Art-sud - © 2004
4ème de Couverture :
Frontière, frontières, au Sud l'époque est à la soumission ou à la rébellion. Jean-Claude Di Ruocco hésite entre solitude et insolitude. De sa Provence
natale à son Italie originelle,
du Liban autrefois libre à l'Afghanistan éclaté, entre rage de survivre émotionnellement et volonté de résurgence, il écrit au jour le jour ses angoisses et ses révoltes. La simplicité du ton et
la sincérité du message donnent à ces textes graves et
beaux la dimension d'une métaphore universelle. Se souvenir n'est rien. Savoir se souvenir c'est tout.
Critiques :
Aux confins du désespoir existentiel des banlieues occidentales et des maquis afghans ou latino-américains, un panorama poétique hallucinant et grave. Une écriture simple, Forte, humaine, chargée
d'histoire et d'histoires.
Salvatore Lombardo
Frontières, Frontières. Au sud l'époque est à la soumission ou à la rébellion. Jean-Claude Di Ruocco,
ancien typographe natif de Marseille, hésite entre solitude et insolitude. De sa Provence natale à son Italie originelle, du Liban autrefois libre à l'Afghanistan éclaté, entre rage de survivre
émotionnellement et volonté de résurgence, il écrit au jour le jour ses angoisses et ses révoltes. La simplicité du ton et la sincérité du message donnent à ses textes graves et beaux la
dimension d'une métaphore universelle. Inspiré par ses auteurs de prédilection que sont Pierre Benoit, Jean Giono, Roland Dorgeles, Joseph Kessel, il écrit pour témoigner et pour continuer de
rêver, dans un monde où, bien souvent, le rêve s'absente pour laisser place aux injustices cauchemardesques. Un petit recueil, quelques textes poétiquement engagés, des images qui interpellent
par leur beauté décalée : un geste simple et contestataire. “Depuis longtemps les mots sont mes amis, même lorsqu'ils me lacèrent, s'amusant d'hier et d'aujourd'hui. Je perds à chaque fois la
raison, j'invente des rites funèbres ou de folles floraison au grand jardin froid du quotidien. Ils sont en moi, frères, enfants, amours fictifs, lieux, révoltes, rêves toujours plus noirs,
donnant vie à ces passants merveilleux qui versent des larmes de sang sur les pages raturées de mes cahiers d'écolier.” Se souvenir n'est rien. Savoir se souvenir c'est tout…
Rafaël Herrera - Art-Sud
par Jean-Claude Di Ruocco
publié dans :
Bibliographie
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