Dimanche 14 octobre 2007
La-peau-froide.jpgART SUD n° 48 / 1er trimestre 2005

Lorsque le narrateur débarque sur cet îlot sans nom du pacifique Sud afin d’y assumer le poste de climatologue, il entend bien profiter de cet exil volontaire pour se reconstruire après des années consacrées à la causes Irlandaise qui avaient fini par faire de lui un apatride désenchantée. Dès le premier jour il fait connaissance de son unique voisin, un colosse au caractère d’ours mal léché, qui vit dans un phare transformé en forteresse. Devant l’hostilité de ce dernier et l’état pitoyable dans lequel il trouve la maison qui lui est attribuée, le doute s’installe bien vite remplacé par la terreur, surtout lorsqu’il se retrouve assaillit par une horde de monstres mi-hommes mi-batraciens tout droit sortie d’un improbable enfer sous-marin. Car ici, Albert Sanchez Piñol nous entraîne dans un récit effrayant mais avant tout captivant, qui, s’il se passe sur une île, est plus proche de Lovercraft que de Stevenson ou Defoë. Les protagonistes devront affronter non seulement l’insatiable fureur de leurs ennemis à la peau froide, mais aussi toutes les contradictions et les paradoxes de l’âme humaine qui les pousseront à unir leurs forces malgré le mur d’incompréhension qui les sépare. Au travers de ce combat “civilisation contre barbarie” l’auteur délivre une critique sans concession de l’aveuglement des hommes qui depuis toujours obéissent au même crainte et reproduisent les mêmes erreurs. Un roman merveilleux au suspens jamais pris en défaut qui vacille entre poésie et fantastique, ont en sort comme d’un rêve riche en émotion car la violence parfois inouïr qu’il porte en lui ne sert, en fait, qu’à mieux révéler toute la beauté qui transpire de chaque pages.
Traduit du Catalan par Marianne Millon. 262 pages - 19,80 euros - Actes Sud.  J.C D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Dimanche 14 octobre 2007
un-amant-en-Palestine-copie-1.jpgART SUD n° 48 / 1er trimestre 2005


Le roman de Selim Nassib commence en 1923. Le gouvernement anglais encourage les Juifs à venir établir un foyer national en Palestine, alors sous protectorat britannique. Cette étroite bande de terre devient vite le théâtre de confrontations entre les communautés Arabe et Juive. C’est dans ce contexte que deux destins vont se rencontrer : ceux de Golda Meir et Albert Pharaon. La jeune femme, farouchement engagée dans la cause Sioniste vit dans un kibboutz aux règles de cohabitation spartiates. Son désir d’action politique est cependant réfréné par la présence de ses enfants et de son mari atteint de malaria à qui elle se consacrera, mettant sous l’éteignoir ses ambitions durant 4 années avant qu’on ne lui propose à nouveau de jouer un rôle au service du sionisme. Albert Pharaon vit au Liban, fil d’une riche famille Palestinienne, banquier, passionné par les chevaux de course, il décide de s’éloigner de sa famille pour : “fuir la société étouffante à laquelle j’appartiens”.  Ainsi il quittera femme et enfants pour s’installer en Palestine où il vivra une histoire d’amour avec Golda. Ensemble, ils traverseront les événements marquant de l’histoire des deux peuples. Tout le contexte du roman est passionnant. L’auteur revient, sans parti pris, sur la création de l’État d’Israël, n’omettant aucun des aspects politiques ou religieux, sans oublier évidemment l’implication britannique puis américaine dans le processus d’affrontement qui aujourd’hui encore déchire les deux peuples. L’histoire de Golda et Albert, malgré une symbolique très forte, sert de fil conducteur à un récit où se mêle harmonieusement histoire et fiction. Les amants à l’image de leur communauté respective vont connaître une relation violente et passionnée. C’est un ami de l’auteur qui lui a raconté cette idylle… elle est sans doute vraie, mais si l’action de Golda Meir et le rôle prépondérant qu’elle a joué sur l’échiquier politique appartiennent à l’histoire et par là même à tout un chacun, par contre sa vie privée et sa libido nous regarde-t-elle ?
120 pages - 19 euros - Robert Laffont.  J.C.D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Samedi 13 octobre 2007
L-a-folle-du----Visuel-Couv.jpgART SUD n° 47 / Septembre/Octobre 2004


Rosa Montero nous parle de l’écriture, de la sienne en premier lieu, de ses manies, ses doutes, les déclencheurs qui l’ont conduit à coucher sur le papier ces histoires qui avant de devenir des romans n’étaient que de banales scènes grappillées ça et là au cœur de son quotidien. Rosa Montero nous parle d’écrivains, elle y compris, et cela nous intéresse, d’autant plus qu’elle argumente d’une manière magistrale, mêlant allégrement des passages autobiographiques, dont on se demande parfois s’il sont vrais ou faux, à des extraits de biographies d’écrivains prestigieux et d’autres que le temps avait effacé des tablettes. Elle passe en revue les faiblesses, les névroses, les petites mesquineries qui sont à l’écrivain ce que la montagne est aux champions cyclistes, c’est à dire le révélateur infaillible de leur véritable personnalité, ce qui lui permet de descendre de leur piédestal nombre de ses illustres “collègues” (Garcia Marquez, Zola, Melville, Truman Capote, sans parler de Goethe qui, passez moi l’expression “en prend plein la gueule”). Ce livre cependant est une mine d’informations sur une multitude d‘auteurs et éveil en nous une envie irrésistible de relire Conrad, Kipling, Rimbaud, Salgari, Hemingway, Philip K. Dick dont nous apprenons qu’il est devenu ventripotent car sa sœur jumelle était morte de faim (cela ne s’invente pas !) .
Rosa Montero nous entraine à sa suite dans l’univers fascinant et baroque des écrivains sans rien oublier, surtout pas les critiques : “incultes, indignes, malveillants, plein de préjugé, qui même lorsqu’ils ont aimé une œuvre ne comprennent de toute façon rien à cette dernière”. Bref le tour d’Horizon d’un vaste sujet sur lequel l’auteur nous livre une analyse passionnante servie par une écriture jubilatoire pleine d’humour, un véritable plaisir… Traduit de l’espagnol par Bertille Hausberg. Métailié.  J.C. D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Samedi 13 octobre 2007
L-Orangerie---Visuel.jpgART SUD n° 47 / Septembre/Octobre 2004

Octobre 1945. Jacques, brillant astronome, loin de profiter des dividendes d’une carrière politique menée avant-guerre et de son statut de Grand Résistant qui l’a vu combattre de Tunisie aux Ardennes, se porte volontaire pour une mission de cartographie. Cette mission, qui ne dit pas son nom, à pour but de poser les jalons de l’occupation française sur le territoire de Tende que la France réclame à l’Italie. Notre héros rejoint donc une communauté de scientifiques et il s’avère vite que, de tous les membres la composant, il est le plus efficace et le plus irréprochable. Laura, son assistante, tombe de facto amoureuse et bien qu’elle se donne à lui, Jacques ne parvient pas à oublier les fantômes qui le hantent : Katherine, journaliste allemande dont il a du organiser la fuite en 1940 afin qu’elle échappe aux nazis ; ce soldat Autrichien qu’il à abattu mais qu’il n’a pu sauver ; Salomé, femme belle et mystérieuse, un peu à l’image des héroïne chères à Pierre Benoit, croisée près de l’orangerie de l’Observatoire de Meudon, avec qui il entretient un amour platonique au travers d’une relation épistolaire. Il faut aussi composer avec l’hiver redoutable, les derniers miliciens fascistes qui se cachent dans la région, les américains qui traquent ces derniers, les résistants qui cherchent des collabos, les habitants, guère accueillants, qui se moquent de devenir français ou de rester italien conscient que leur existence sera toujours aussi dure,… Un récit sous forme de journal, une histoire “d’hommes” que n’aurait pas renié José Giovanni, où l’on découvre, avec plaisir, que derrière l’infaillibilité souvent irritante du héros, se cache un territoire inconnu de souffrance et de solitude que l’on nomme parfois rédemption… Ramsay.  J.C D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Samedi 13 octobre 2007
Les-Gal--res----Visuel-Couv.jpgART SUD n° 47 / Septembre/Octobre 2004

En 1702, Guillaume de Lautaret, aidé par son épouse Delphine, mène une enquête sur une série de meurtres aussi atroces qu’incompréhensibles. Il n’hésite pas à se faire passer pour un de ces forçats qui triment sur les Galères de Marseille afin de démasquer celui qui tire les ficelles d’un immense trafic de contrebande de sel et que tout rattache aux assassinats. Ce dernier, véritable maître de la chiourme, connu sous le nom de “l’Orfèvre“, règne sans partage sur l’arsenal. Guillaume devra mener son enquête et affronter la violence, la saleté, la promiscuité d’un univers hallucinant de noirceur. L’auteur nous entraîne dans le Marseille de Louis XIV et nous fait découvrir tous les méandres de la cité phocéenne dans une sarabande de descriptions détaillées et de personnages hauts en couleur. L’explication de l’organisation de l’arsenal ainsi que des conditions de détention des forçats nous restitue parfaitement le contexte angoissant au cœur duquel le héros devra mener à bien sa mission. Tous les ingrédients sont réunis pour un roman réussit : une intrigue qui se marie parfaitement au contexte historique, une histoire d’amour, de l’action, le tout servi par une écriture alerte et fouillée. L’auteur, avec talent, nous entraîne dans un tourbillon d’aventures et de grands sentiments, digne des romans de cape et d’épée qui ont émerveillé nos enfances citadines. Julliard.  J.C.D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Samedi 13 octobre 2007
Treize-variation---Visuel.jpgART SUD n° 47 / Septembre/Octobre 2004

Maurizio Maggiani nous propose ces “13 variations sur l’amour” qui, mises bout à bout, ne sont en fait qu’un inventaire hétéroclite de souvenirs doux amères, parfois cocasses, de sentiments évidemment contradictoires, de personnages aux introspections pour le moins déconcertantes, de paysages, d’animaux, d’objets dont l’auteur nous révèle le rôle prépondérant dans le mécanisme délicat de sublimation ou de déliquescence des relations passionnelles et de la résistance de ces dernières au laminoir du temps qui passe. Nous assistons à travers ce monologue à la dissection minutieuse de toutes les composantes d’une passion qu’elle que soit sa nature, avec un luxe de détails inouïs où l'on a parfois du mal à se reconnaître. Ces nouvelles, servies par une écriture imprégnée de mélancolie, semblent l’apologie d’une vie de routine. L’amour que l’on porte à une femme, à son enfant, à son chat ou au paysage de sa jeunesse, n’est ici qu’un ingrédient parmi tant d’autres au grand Kaléïdoscope de la vie qui nous ploie, jusqu’à ce que notre front touche le sol froid de la solitude où parfoit est inscrit : “Une histoire d’amour n’est pas forcément l’amour…”.  Traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli. Actes Sud.  J.C.D.R.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Chroniques littéraires
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Samedi 13 octobre 2007
Secretlivre-copie-1.jpgRoman
Editions Transbordeurs
paru en janvier 2007
Photo couverture : Mariella Di Ruocco - © 2006


4ème de Couverture :

Depuis la mort de sa femme, Marcus Falsetti occupe encore la petite maison du quai des Fusillés à Martigues. Il refait le monde avec ses amis au Bar “La Petite Reine”, écrit toujours des romans que personne ne lira et des poèmes qui font le bonheur de Lisa, sa petite fille. Il regarde couler les jours, entre la mer et l’étang de Berre, avec dans le cœur la sérénité d'un homme qui a appris à faire son deuil des bonheurs anciens et à accepter les erreurs qu'il a commis. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais les fantômes du passé vont ressurgir, lorsqu'un touriste allemand disparaît  durant une soirée du Festival de Folklore de la ville, et qu'un jeune inspecteur “parisien” débarque sur le quai pour mener une enquête de voisinage. Au travers de ce roman, empreint de mystère et de poésie, Jean-claude Di Ruocco nous entraîne dans un univers haut en couleur, à la rencontre de personnages attachants. Il prend aussi le temps de nous offrir une belle histoire d'amour, même si l'inéluctable dénouement de son récit est la preuve que dans des petites villes, aussi paisibles que Martigues, il y a des secrets qu'il vaut mieux ne jamais connaître…

Critiques :

Ce roman est un vrai régal, avec des images, quelques scènes et une intrigue qui devraient inspirer un cinéaste. Il a pour toile de fond Martigues, la Venise Provençale, où l'auteur, plein de ressources, a ses attaches. Dans cet univers haut en couleur, il nous entraîne dans un récit empreint de mystère et de poésie à la rencontre de personnage attachant, mais sans jamais sombrer dans le folklore Provençal, bien que l'histoire se déroule durant le festival de folklore de la ville. Ce sont des personnages truculents qui ont de la surface, comme ce Marcus Falsetti qui, vivant seul dans la petite maison qu quai des fusillés, depuis la mort de sa femme, refait régulièrement le monde avec ses amis au bar La Petite Reine, écrit des romans que personne ne lira et des poèmes qui font le bonheur de sa petite fille, Lisa. Ce naufragé de la vie regarde ainsi couler les jours, entre la mer et l'étang de Berre avec dans le cœur la sérénité d'un homme qui a appris à faire son deuil des bonheurs anciens et à accepter les erreurs qu'il a commis. Aucune aspérité, aucun récif apparamment en vue, le temps monotone peut donc dérouler inlassablement son fil. Sauf que les fantomes du passés vont ressurgir lorsqu'un touriste allemand disparaît durant  une soirée de ce fameux festival qui, chaque été, attire “les folkloriques” du monde entiers. Un jeune inspecteur “Parisien” se lance aussitôt dans l'enquête de voisinnage. Et là, on découvre que dans des petites villes, aussi paisibles que Martigues, il y a des secrets qu'il vaut mieux ne jamais connaître…
André Baudin - Art Sud


Ce n'est pas un roman noir .. .il n'est pas non plus gris ... .il est teinté de soleil et de lumière ... il y a toujours un peu de fraîcheur malgré le soleil car tout se passe au bord de l'eau le long des deux canaux qui coupent Martigues en trois parties.
Les dialogues sont délicieux ... et les réparties sont savoureuses .... digne des dialogues de Michel AUDIARD sous l'emprise du soleil de la Venise Provençale ... le me suis pris plusieurs fois à rire à haute voix ( et c'est rare ).
Les descriptions sont fines, sensibles parfois sensuelles ... mais surtout pleines d'émotions. Chose étonnante pour un polar .. .il y a beaucoup d'amour ... entre un grand père et sa petite fille (Marcus et Lisa ) ... entre un homme et sa femme disparue (Marcus et Lucia) ... entre deux jeunes adultes (Lisa et Yann ) ....  Beaucoup d'amitié aussi entre les clients habitués du café « la Petite Reine»
La chute finale est merveilleuse car trois hommes (Marcus, Fabien et Yann l'inspecteur) se réunissent pour une même cause au lieu de s'affronter .... alors que les deux amants de la belle Lisa auraient une bonne raison de chercher à se détruire.
Chose délicieuse ... ce roman policier me laisse l'impression que les crimes perpétrés dans le  pays de la poutargue sont tout à fait humains     rien de sordide ... rien de pervers ... rien de
machiavélique et presque pas d'hémoglobine.
Belle écriture, descriptions agréables et raffinées ... un beau style.  Soleil, bouillabaisse,  poutargue, deux canaux, deux ponts , un pointu et son moteur en panne, un café, de l'amour, un compte à régler, un disparu ... bref un beau pastis !
l'ai l'impression que les crimes sont plus «justes» ... au bord de la Méditerranée. Si je dois en commettre un ... c'est décidé ... j'irai sûrement faire cela à Martigues.
PS : ce roman mériterai de donner naissance à une pièce de théâtre car les dialogues sont riches, nombreux, pleins d'humour, pleins de saveur et la scène se déroule en un espace réduit :
- le café «la Petite reine»
- le bord du canal devant la maison de Marcus
- la maison hantée Massonier
Alain (lettre remise par un lecteur durant le Salon de Villeuneuve-lez-Avignon)

par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Bibliographie
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Samedi 13 octobre 2007
visuel-livre.jpgNouvelles
Editions Transbordeurs
paru en septembre 2005
ISBN : 2-84957-036-2


4ème de Couverture :

C’est parce qu’il puise son inspiration dans le chant lancinant du quotidien que Jean-Claude Di Ruocco sait si bien y ouvrir des brèches avec ces six nouvelles qui tissent, patiemment, la trame réaliste et cruelle d’histoires où l’amour devient un piège. La Comptine de Seth est une porte ouverte sur un univers affleurant à la surface d’existences routinières qui basculent à jamais de l’autre côté du rêve, du cauchemar parfois.
C’est avec une écriture empreinte de poésie que l’auteur exacerbe des sentiments, qui vont du bonheur absolu à l’horreur la plus noire, et nous révèle des songes étranges où les souvenirs libèrent leurs réminiscences douloureuses et leurs bonheurs insoutenables. “Mes mots ne sont qu’un piège” disait-il dans un précédent ouvrage… Attention, car ici il n’y a pas d’autres issues que d’aller jusqu’au bout de l’aventure pour espérer en sortir indemne.



Critiques :

Six nouvelles de qualité qui plongent le lecteur dans un univers de tendresse et de cruauté, et dont il goûte volontiers l’ambiance mélancolique et nostalgique. Voici donc un recueil de nouvelles digne de ce nom : La comptine de Seth surprendra…
Ces six textes sont écrits dans la même veine et constituent un recueil cohérent de nouvelles, inspirées par le quotidien et la région Marseillaise, Martigues en particulier dont provient Jean-Claude Di Ruocco. La comptine de Seth se lit avec plaisir : enraciné dans le quotidien contemporain, le style, recherché et proche des petites choses, est régulièrement transcendé par des incursions du rêve et de l’amour. La plume habile de l’auteur envoûte et promène le lecteur entre rendez-vous amoureux manqués et rencontres réussies avec l’horreur et le destin.
De longueur inégales mais bien construites, ces nouvelles plongent dans un univers né de la sensibilité exacerbée de l’auteur doublée d’une soif éperdue de vivre, qui assurent justement la qualité des textes. Elles se lisent au rythme imposé par la mélancolie et la nostalgie qui en ont peu à peu imprégné les pages, comme l’encre jadis sur le buvard. Rares en effet aujourd’hui sont les recueils dont les nouvelles se suivent logiquement et sans se ressembler pour autant : cela méritait d’être salué.
Si la seconde nouvelle éponyme du titre du recueil semble un peu en deçà du reste, la troisième ( La Marelle ) est réussie au point de justifier l’ensemble. Tendre et beau, cruel et impitoyable, il laisse une forte impression chez un lecteur déjà mis à vif par les deux textes précédents. Sûr de ses effets, Jean-Claude Di Ruocco poursuit avec un quatrième texte, plus convenu et dont on devine la trame, pour enchaîner sur une autre perle : Le pardon d’Alexandre, plus court et moins cruel, et dont la chute est surprenante même si elle use d’un ressort classique de la nouvelle noire. Le recueil s’achève avec un dernier texte, moins fort mais qui permet de quitter sans remords l’univers de l’auteur, dans l’attente d’un nouveau crû à venir, au moins égal en qualité…
Stéphane Bataillard - ArtsLivres

Jean-Claude Di Ruocco cultive l'art de la nouvelle d'une plume alerte et poétique, même s'il abuse parfois du procédé, tel un magicien du verbe extrayant de son haut de forme les lapins  gigotants de la virtuosité ! Seth est un personnage biblique. C'est le troisième enfant d'Adam et Eve, le frère de Caïn et d'Abel. Et cette comptine - qui est littéralement une chanson que chantent les enfants pour désigner celui qui devra sortir du jeu - est une porte ouverte affleurant à la surface d'existences routinières qui basculent de l'autre côté du rêve, du cauchemar parfois. Jean-Claude Di Ruocco joue ainsi sur toute la gamme des sentiments qui vont du bonheur absolu à l'horreur la plus noire. Il puise son inspiration dans Martigues, cette ville magique d'eau et de feu qui lui tient chaud au cœur. Ses six nouvelles en son imprégnées. Elles y tissent la trame réaliste et cruelle d'histoires où l'amour devient un piège. C'est finement réalisé et ça se lit comme un polar. D'une seule traite.
André Baudin - Art Sud

par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Bibliographie
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Samedi 13 octobre 2007
Fronti--res.jpgPoésie
Editions Transbordeurs
paru en mai 2004
ISBN : 2-84957-013-3
Photo couverture : Courtesy
Art-sud - © 2004

4ème de Couverture :

Frontière, frontières, au Sud l'époque est à la soumission ou à la rébellion. Jean-Claude Di Ruocco hésite entre solitude et insolitude. De sa Provence natale à son Italie originelle,
du Liban autrefois libre à l'Afghanistan éclaté, entre rage de survivre émotionnellement et volonté de résurgence, il écrit au jour le jour ses angoisses et ses révoltes. La simplicité du ton et la sincérité du message donnent à ces textes graves et
beaux la dimension d'une métaphore universelle. Se souvenir n'est rien. Savoir se souvenir c'est tout.

Critiques :

Aux confins du désespoir existentiel des banlieues occidentales et des maquis afghans ou latino-américains, un panorama poétique hallucinant et grave. Une écriture simple, Forte, humaine, chargée d'histoire et d'histoires.
Salvatore Lombardo

Frontières, Frontières. Au sud l'époque est à la soumission ou à la rébellion. Jean-Claude Di Ruocco, ancien typographe natif de Marseille, hésite entre solitude et insolitude. De sa Provence natale à son Italie originelle, du Liban autrefois libre à l'Afghanistan éclaté, entre rage de survivre émotionnellement et volonté de résurgence, il écrit au jour le jour ses angoisses et ses révoltes. La simplicité du ton et la sincérité du message donnent à ses textes graves et beaux la dimension d'une métaphore universelle. Inspiré par ses auteurs de prédilection que sont Pierre Benoit, Jean Giono, Roland Dorgeles, Joseph Kessel, il écrit pour témoigner et pour continuer de rêver, dans un monde où, bien souvent, le rêve s'absente pour laisser place aux injustices cauchemardesques. Un petit recueil, quelques textes poétiquement engagés, des images qui interpellent par leur beauté décalée : un geste simple et contestataire. “Depuis longtemps les mots sont mes amis, même lorsqu'ils me lacèrent, s'amusant d'hier et d'aujourd'hui. Je perds à chaque fois la raison, j'invente des rites funèbres ou de folles floraison au grand jardin froid du quotidien. Ils sont en moi, frères, enfants, amours fictifs, lieux, révoltes, rêves toujours plus noirs, donnant vie à ces passants merveilleux qui versent des larmes de sang sur les pages raturées de mes cahiers d'écolier.” Se souvenir n'est rien. Savoir se souvenir c'est tout…
Rafaël Herrera - Art-Sud

par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Bibliographie
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Samedi 13 octobre 2007
un-homme-seul-copie-1.jpg   Poésie
    Paru en Mai 2003
    ISBN 2-9505634-5-7
    Illustration :  Luc Brahy - © 1997


   4ème de Couverture :

   J'étais un homme oublié,
  comme le sont les bonnes résolutions
  une fois l'euphorie passée
  des serments que nous faisions.
par Jean-Claude Di Ruocco publié dans : Bibliographie
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