Dimanche 30 décembre 2007
ART SUD N°
57 - 2ème Trimestre 2007
Les textes d’Alain Billy forment un kaléïdoscope de saveurs qui se succèdent au rythme lent que le lecteur doit adopter pour en apprécier parfois toute l’originalité. Maximes, pensées
acerbes et mordantes, réflexions en forme de boutades qui enfoncent les portes grandes ouvertes de l’évidence, jeux de mots, petits textes incisifs qui démangent là où on ne s’y attend pas… bref,
ce fourre tout est comme une malle au trésor qui renfermerait, dissimulé au milieu de pièces en étain, de véritables joyaux. Ce qui ici est d’autant plus original, c’est que selon les lecteurs,
les bijoux ne seront sans doute pas les mêmes. Il faut picorer dans ce livre un peut au hasard, car une lecture assidu uniformise vite la rébellion ironique propre à ce genre d’aparthé qui, mise
l’une à la suite de l’autre, ne feront jamais un véritable plat de résistance à se mettre sous la dent. Bref, on reste sur sa faim. Ceci dit, attention ! Le meilleur reste à découvrir. Si l’on
retourne le livre, alors là fini les petits grignotages, on découvre les dessins de cet auteur qui à tout de même un sacré talent d’humoriste. Autant de dessins qui nous parlent vraiment et dont
les messages fort et profonds, sont tout empreints d’une poésie définitivement touchante. Les sujets les plus graves sont ici traités avec un humour décapant et une lucidité contagieuse qui parle
à nos consciences endormies bien plus que la partie écrite de ce livre. Pour tout dire c’est à ces dessins que je tire mon chapeau et à cet auteur, qui, s’il dirige l’Institut de Thessalonique en
Grèce, n’en trouve pas moins le temps de nous faire rire intelligement.
100 pages - Parole Editions - 17 euros - JCDR
par Jean-Claude Di Ruocco
publié dans :
Chroniques littéraires
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