Dimanche 30 décembre 2007
ART SUD
N° 57 - 2ème trimestre 2007
Dans ce premier roman autobiographique, Dominique Resch nous explique comment il a réussi à s'extirper des “univers” qui composèrent son existence, comme autant de strates initiatiques qui,
chacune se rajoutant à l'autre, lui ont permis une interprétation toute personnelle de ce long et beau voyage que l'on nomme l'enfance. Avant d'avoir des lunettes, par exemple, il évoluait dans
un monde dépourvu de règles géométriques et tout, autour de lui, semblait nimbé d'une poétique mouvance où les couleurs se fondaient dans l'interprétation qu'il faisait aussi bien des sons que
des formes indistinctes qui l'entouraient. Puis les lunettes surgirent et il finit par être admis dans le monde réel des enfants, vous savez celui qui frôle souvent celui des adultes mais que ces
derniers ont tant de mal à reconnaître, tout usés qu'ils sont par leurs certitudes surannées. Vient ensuite ce nouvel univers à découvrir… celui des filles, sans parler de tout le reste. L'auteur
n'aura de cesse, sinon d'expliquer, du moins d'interpréter, avec sa logique toute poétique et “rigolote” de gosse, le lent décantage qui l'a conduit à se construire une personnalité où survivent
encore aujourd'hui ces interrogations inattendues et folles. Celles qui sont le carburant de l'éternelle curiosité et qui ont, sans doute, poussé Dominique Resch à courir d'un continent à
l'autre, histoire de voir si la vie est différente dans les basse-cours ou les poulaillers d'acajou dissiminés aux quatre coins de cette foutue planète. Un savoureux mélange d'humour et de
tendresse, des portraits décapants et des situations cocasses, pour un premier ouvrage c'est parfaitement maîtrisé, savamment dépouillé et férocement jubilatoire.
120 pages - Transbordeurs - 13 euros - JCDR
par Jean-Claude Di Ruocco
publié dans :
Chroniques littéraires
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